Évaluer ses cours quand on est étudiant, ça change quoi ?

Évaluer ses cours quand on est étudiant, ça change quoi

“Votre avis nous intéresse !” Tel est le message lancé par nombre d’écoles mais aussi quelques universités qui proposent à leurs étudiants d’évaluer leurs enseignements. Une démarche qualité ? Oui mais à condition d’en voir les effets.

« On peut bien donner notre avis sur un film, un livre ou un restaurant, alors pourquoi pas sur un prof ! » lâche avec malice Mathieu, étudiant en master de sciences politiques à l’université de Bordeaux Segalen. « Être étudiant ce n’est pas être client mais c’est quand même important que notre point de vue soit pris en compte, pour dire ce qui va et ce qui ne va pas », nuance Léa, qui suit le même cursus de sciences politiques.

Les étudiants doivent-ils évaluer leurs profs ? La question est sensible mais n’est plus taboue. En janvier 2013, Jean-Yves Le Déaut, député PS en charge du rapport sur la refondation de l’université, l’a relancée. « La démarche est valable à condition d’évaluer les enseignements et non pas les enseignants, prévient Pascale Bergmann, vice-présidente ‘Réussite étudiante’ à l’université de Strasbourg. Car l’objectif est d’améliorer les formations, pas de sanctionner tel ou tel enseignant. »

  • Encore rare à l’université

Dans les écoles d’ingénieurs, et plus souvent dans les écoles de commerce, la démarche est quasi systématique, à la fin de l’année ou de chaque trimestre. « L’évaluation par les étudiants est une démarche qualité qui est dans l’ADN de l’école. Et plus les élèves y contribuent, plus ils s’impliquent dans leur formation », souligne le directeur délégué de l’EM Lyon, Patrice Houdayer.

À l’université, c’est plus compliqué. Si l’évaluation des enseignements par les étudiants est inscrite dans la loi depuis… 1997, ce principe est très diversement appliqué. Quelques rares universités, notamment à Paris, Lille, Strasbourg, Nice ou Bordeaux l’organisent à l’échelle de leur établissement. Mais le plus souvent ça se passe de façon informelle au niveau de chaque diplôme à l’initiative d’une équipe pédagogique ou d’un responsable de formation.

  • Évaluer n’est pas noter

D’une formation à l’autre, les évaluations consistent en des questionnaires à remplir, en ligne ou sur papier. Mais pas question de notes. L’approche est qualitiative. Les étudiants sont interrogés sur leur intérêt pour tel enseignement, les compétences acquises, les liens avec les autres cours, leurs conditions d’études, les moyens mis à disposition, ce qu’ils en retirent, etc.

« Les questions sont élaborées pour que les réponses soient constructives, pour éviter le j’aime/j’aime pas qui ne permettrait de travailler sur des axes d’amélioration », note Emmanuel Cuny, enseignant à l’université Bordeaux-Segalen. Ce responsable de l’évaluation est chargé depuis cinq ans de récupérer les questionnaires pour en faire la synthèse : « On en retire des indices de satisfaction mais surtout des pistes d’amélioration avec des solutions concrètes à mettre en place. »

  • Une démarche appréciée…

À première vue, côté étudiants la démarche fait recette. « Je trouve ça normal qu’on nous demande notre avis. Et j’aime bien ce moment qui est l’occasion de faire un point sur toute l’année. J’essaie d’être le plus juste possible », note Mélanie, étudiante dans une école de commerce parisienne.

« Le fait que les profs savent qu’ils sont évalués, ça crée une obligation de bien faire. C’est appréciable. C’est un peu comme si on était client d’un service et que l’on participe à l’amélioration de la qualité. Cest bon pour les étudiants et bon pour l’école », confirme Samia, dans la même école de commerce.

« Les élèves évaluent en sachant que cela sert la réputation de leur école », confirme Patrice Houdayer à l’EM Lyon qui peut se vanter d’avoir d’excellents taux de participation. Ce qui n’est pas le cas partout.

  • … à condition d’en voir les effets

Nombre d’enseignants, surtout à l’université, constatent que les étudiants ne répondent pas spontanément à ces questionnaires, avec souvent moins de 30 % de participation. « Pour qu’une évaluation ait un sens, il faut qu’elle soit représentative. Or les étudiants n’ont pas l’habitude qu’on leur demande leur avis« , souligne un responsable de master d’une université parisienne qui rend désormais la démarche obligatoire.

Reste que la faible participation tient aussi et surtout au fait que les objectifs de l’évaluation ne sont pas toujours très clairs, comme en témoigne Mathieu, étudiant à Bordeaux : « Les bons profs et les… moins bons, on les connaît de réputation. Alors on remplit des questionnaires, on donne notre avis mais on ne sait pas toujours très bien à quoi ça sert ! »

Message entendu. « Nous avons des efforts à faire à la fois sur les questionnaires pour qu’ils soient mieux adaptés à chaque discipline, mais aussi et surtout sur les plans d’actions à mettre en place à la suite des évaluations », reconnaît Pascale Bergmann, de l’université de Strasbourg.

Source : http://www.edu-sup.com

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