Université : quelle nouvelle licence ?

Université  quelle nouvelle licence

36 mentions, au lieu des 300 actuelles. Le comité de suivi de la licence a émis ses propositions pour la licence générale début avril 2013. Objectif : assurer une meilleure lisibilité. Prochaine étape : la licence professionnelle, sur laquelle le comité débute le travail mercredi 24 avril 2013.

Moins de licences pour plus de visibilité et une spécialisation progressive durant les premières années du cursus universitaire. La ministre de l‘Enseignement supérieur a affiché l’objectif, inscrit dans la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche qui passe devant le Parlement en mai 2013. Mais comment faire ?

Le comité de suivi de la licence et de la licence professionnelle a fait ses propositions début avril sur les intitulés de licence générale. S’il envisage de conserver les quatre grands domaines d’études (Arts-Lettres-Langues ; Droit-économie-gestion ; Sciences humaines et sociales ; Sciences, technologies, santé), c’est au niveau des mentions que le grand ménage s’opère.

« Nous passons de 300 mentions à 36, explique le président du comité, Gilles Raby. Aujourd’hui, un lycéen qui souhaite faire de la physique par exemple, a le choix entre une trentaine de mentions [génie physique, physique appliquée, physiques et ingénieries, physique et génie électrique, etc.]. Il faut qu’au niveau licence au moins, les fondamentaux soient les mêmes, et que

Les nuances interviendraient désormais uniquement au niveau des parcours. Ces derniers seraient inscrits dans le supplément « diplôme« .

LES BI-LICENCES INTÉGRÉES DANS CETTE LISTE DES MENTIONS

Quid des bi-licences, doubles licences, ou licences bi-disciplinaires ? « Le comité n’a pas voulu se lancer dans des intitulés supplémentaires pour ces cursus, sous risque d’exploser l’offre », explique Gilles Raby. Elles entrent donc dans les mentions prévues, avec différents cas de figure.

S’il y a une majeure et une mineure, la licence est rattachée à la mention de la majeure. S’il y a deux disciplines, avec acquisition de crédits équivalents (90/90), ainsi qu’un complément pluridisciplinaire – de l’ordre de 75 à 80 crédits, envisage Gilles Raby, soit des « formations très exigeantes », prévient la note – il y a « double licence », et deux diplômes (de mentions différentes) à la clé.

Enfin, la nuance est subtile avec le dernier cas prévu. Si les deux disciplines sont équilibrées, sans donner lieu à deux diplômes mais plutôt à une mention bi-disciplinaire (exemples : Lettres et arts, Economie-gestion, Histoire-géographie), il faudra les rattacher à une seule mention, la valorisation de la seconde matière intervenant, comme un parcours, au sein du « supplément diplôme ».

VERS UNE PREMIÈRE ANNÉE IDENTIQUE DANS CHAQUE MENTION DE LICENCE

Des propositions qui dépassent la simple question des intitulés. L’enjeu est bienl’harmonisation des contenus d’une même mention, quel que soit l’établissement, avec la notion de cadrage national. Ainsi que la mise en application de la spécialisation progressive dans chacune des mentions.

« L’idée est de créer des portails d’entrée, avec les mêmes enseignements au sein d’une mention, au moins durant les deux premiers semestres », explique Gilles Raby. La note du comité insiste ainsi sur la nécessaire « mutualisation des unités d’enseignement », au sein des domaines simplifiés avec ce petit nombre de mentions.

Un lourd travail déjà avancé dans plusieurs disciplines, comme le droit, les STAPS ou les sciences et technologies, considère Gille Raby, qui le situe plutôt du côté des responsables disciplinaires (conférences de doyens et sociétés savantes), le ministère validant lui, via le cadrage national des diplômes, les compétences à acquérir en trois ans.

LA SUPPRESSION DES « SCIENCES POUR L’INGÉNIEUR » CRITIQUÉE

Réactions côté syndical : le SNESUP dénonce la disparition de la mention SPI (sciences pour l’ingénieur), insistant sur la particularité de cette mention qui met en perspective différentes disciplines, « offre un chemin de réussite aux étudiants issus des bacs techniques », avec un « lien fort avec les technologies », et possède une reconnaissance importante dans les lycées. »Détricoter ce qui a mis des années à être construit troublerait encore plus la lecture des formations universitaires par les lycéens, leurs familles et les employeurs », écrit le SNESUP.

« Ce label n’a pas un contenu clair, et peut correspondre à des licences très différentes d’un établissement à l’autre. Par exemple avec des dominantes fortes en mécanique ou électronique ici, ou plutôt tournée vers la chimie là-bas », répond Gilles Raby, qui argue d’une nécessaire clarification.

Par ailleurs, le syndicat « conteste le rôle essentiel que le comité veut donner à l’annexe descriptive au diplôme [supplément diplôme], qui pourrait ainsi devenir un élément d’évaluation de chaque étudiant ». Il demande que le travail se poursuive, et que ces propositions ne soient pas synonymes de clôture du débat.

Prochaine étape pour le comité : la licence professionnelle. Le remodelage de la carte des masters s’effectue en parallèle, au sein du comité qui lui est dédié, en lien avec le comité licence. « Nous travaillons ensemble pour que ce soit adapté des deux côtés. Nous reviendrons si besoin sur notre liste », explique-t-il.

La décision finale, qui revient au ministère, devrait intervenir d’ici fin juin, prévoit Gilles Raby.

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